
Miss Pendleton : le webtoon qui rappelle Jane Austen
Il y a des œuvres que l’on dévore. Et puis il y a celles que l’on savoure.
Miss Pendleton fait incontestablement partie de la seconde catégorie. Derrière son rythme tout en retenue se cache une romance d’une grande finesse, portée par une héroïne remarquable et un gentleman qui prouve, chapitre après chapitre, que les actes valent souvent mieux que les mots.
Laura Pendleton est la matchmaker la plus réputée de la haute société londonienne. Habituée à unir les autres, elle reçoit une nouvelle mission : trouver une épouse à Ian Dalton, un riche propriétaire terrien qui n’a aucune intention de se marier. Une rencontre qui pourrait bien bouleverser tous ses plans… y compris les siens.
Une romance historique qui prend son temps
Un hommage aux grands romans anglais
Dès les premiers chapitres, Miss Pendleton m’a rappelé ces grands romans anglais où l’amour se construit avec patience. Ici, pas de coup de foudre ni de déclarations enflammées. Tout passe par les regards, les conversations et les petites attentions.
Porté par un slow burn parfaitement maîtrisé, le récit laisse les sentiments s’installer naturellement. Chaque échange rapproche un peu plus les personnages et donne envie de poursuivre la lecture.
Impossible de ne pas penser aux héroïnes de Jane Austen. Cette même élégance dans les dialogues, cette même importance accordée aux convenances et cette façon de faire naître l’amour sans jamais le brusquer m’ont accompagnée tout au long de ma lecture.
✨ Note de la Lady :
En lisant le mot de l’autrice à la fin de la première saison, j‘ai souri. Elle y confie son amour des drames historiques et cite spontanément Orgueil et Préjugés, Emma et Raison et Sentiments parmi ses inspirations. Une confidence qui éclaire parfaitement l’atmosphère si particulière de Miss Pendleton.
Laura Pendleton, une héroïne d’une remarquable dignité
Laura Pendleton est le genre d’héroïne que l’on admire très vite.
Non parce qu’elle est parfaite.
Mais parce qu’elle reste digne lorsque la vie lui enlève tout.
Les rumeurs sur ses parents, la cruauté de son oncle ou encore les humiliations qu’elle subit auraient pu la rendre amère. Pourtant, Laura refuse de laisser les autres définir sa valeur. Elle avance, la tête haute, sans jamais perdre son intégrité.
J’ai aussi beaucoup aimé que cette dignité ne fasse jamais d’elle un personnage froid. Laura est brillante. Elle parle plusieurs langues, traduit des ouvrages anciens, joue du piano et possède une culture impressionnante. Ian est d’ailleurs séduit par son intelligence bien avant de tomber amoureux de sa beauté.
À travers elle, Miss Pendleton rappelle aussi la place fragile qu’occupaient les femmes à cette époque. À vingt-neuf ans, Laura est déjà considérée comme une spinster, une « vieille fille » selon les conventions de l’époque. Pourtant, loin de se résigner, elle cherche à construire son indépendance et encourage d’autres femmes à faire de même.
C’est peut-être ce qui m’a le plus touchée. Laura ne se contente pas de survivre. Elle tend aussi la main à celles qui, comme elle, cherchent simplement à reprendre leur destin en main.
✨ Note de la Lady :
Les lectrices qui admirent la dignité de Navier retrouveront chez Laura cette même force tranquille, même si chacune s’est construite dans des circonstances très différentes.
Une élégance qui se retrouve jusque dans chaque détail
Impossible de parler de Miss Pendleton sans évoquer son esthétique. C’est d’ailleurs sa couverture qui m’a donné envie de découvrir cette œuvre.
Les costumes sont magnifiques et on sent un véritable souci du détail. Dans son mot de fin de saison, la dessinatrice partage même une partie de ses recherches et de ses croquis préparatoires. Une attention qui renforce encore l’immersion et donne beaucoup de crédibilité à cette Angleterre du XIXᵉ siècle.
J’ai également beaucoup apprécié l’utilisation des personnages chibi. Malgré des thèmes parfois très durs, ils apportent régulièrement une touche de douceur et d’humour. L’équilibre est parfaitement trouvé : ces respirations allègent le récit sans jamais diminuer la force des moments les plus émouvants.
Enfin, l’un des plus grands atouts de Miss Pendleton reste, à mes yeux, la richesse de ses personnages secondaires. La fidèle servante, le meilleur ami de Ian, les domestiques ou encore son amie Jane Hyde, que Laura aide à retrouver son indépendance, ne sont jamais de simples figurants. Chacun trouve naturellement sa place dans le récit et participe à cette impression de lire un véritable roman plutôt qu’une simple romance. Une qualité que j’avais particulièrement appréciée dans Autrice de ma destinée, où les personnages qui gravitent autour des héros existent eux aussi bien au-delà de leur simple rôle dans l’intrigue.
💙 Husbandos
💙 Ian Dalton de Whitefield – Le gentleman.
S’il ne devait y avoir qu’un seul husbando dans Miss Pendleton, Ian Dalton s’imposerait sans la moindre hésitation.
Au premier abord, il semble froid, presque inaccessible. Peu bavard, peu attiré par les mondanités, il préfère la tranquillité de son domaine aux salons de la haute société. Pourtant, cette première impression ne résiste pas longtemps.
Laura est d’ailleurs la première à comprendre qu’il cache un tout autre visage. Derrière cette réserve se trouve un homme profondément attaché à sa famille. La façon dont il parle de sa sœur, de ses neveux, de sa nièce ou encore de Whitefield laisse deviner une tendresse qu’il exprime avec beaucoup de pudeur. C’est sans doute ce qui le rend si touchant.
Ce qui m’a également séduite, c’est qu’il ne tombe pas amoureux de Laura pour sa seule beauté. Il admire avant tout son intelligence. Leurs échanges sont passionnants, leurs joutes verbales pleines d’esprit, et l’on sent qu’il a enfin trouvé une femme capable de le surprendre et de lui tenir tête.
Chez Ian, les sentiments passent avant tout par les actes. Il accepte des invitations qu’il aurait volontiers déclinées, lui trouve un emploi qui lui permettra de conserver sa dignité, veille discrètement sur elle et lui offre l’un des plus beaux cadeaux qui soient : une peinture de son domaine, un lieu qu’il partage pourtant avec très peu de personnes. Chaque attention en dit un peu plus long que les mots.
Et puis il y a ces rares instants où le gentleman laisse place à l’homme amoureux. Lorsque Laura est menacée, Ian perd son sang-froid comme on ne l’avait encore jamais vu. Lui qui maîtrise habituellement chacune de ses émotions est prêt à provoquer en duel l’homme auquel son oncle veut la vendre. Une scène qui révèle toute l’intensité de ses sentiments.
Les lectrices qui ont eu un faible pour Iske retrouveront chez Ian cette même façon d’aimer avec pudeur. Deux hommes qui préfèrent les actes aux promesses et dont la loyauté vaut toutes les déclarations d’amour.
⭐ Pourquoi on craque ?
Parce qu’un véritable gentleman ne cherche jamais à impressionner. Il fait simplement ce qui est juste, surtout pour la femme qu’il aime.
💙 William Fairfax – L’ami fidèle
Impossible de ne pas avoir un faible pour William Fairfax.
Toujours présent pour Ian comme pour Laura, il apporte une vraie chaleur au récit. Lorsqu’il essuie le refus de Jane Hyde, il accepte sa décision avec une élégance rare. Pas de rancœur, pas de colère, seulement la tristesse sincère d’un homme qui respecte les sentiments de celle qu’il aime.
Plus touchant encore, leur amitié ne disparaît pas après cet échec. Malgré la déception, William et Jane continuent de se fréquenter avec respect, preuve que leurs liens reposaient sur une véritable estime mutuelle. Une maturité que l’on rencontre finalement assez rarement dans les romances.
C’est aussi l’un de ceux qui contribuent discrètement au rapprochement entre Laura et Ian. Un personnage secondaire qui prouve qu’on peut marquer une histoire sans en être le héros.
Confidence de la Lady :
J’espère sincèrement que William trouvera lui aussi le bonheur dans les prochaines saisons. Je crois avoir déjà trouvé la personne qui pourrait rendre William heureux… Mais cette fois, je garde mon hypothèse secrète. Et vous, chères lectrices, votre cœur vous souffle-t-il déjà un nom ?
👑 Hall of Shame — L’oncle Pendleton
L’oncle Pendleton est sans doute le personnage le plus détestable de cette première saison. Sa cruauté ne naît pas seulement de son avidité. Elle semble trouver ses racines dans une jalousie profonde envers sa propre sœur, présente depuis l’enfance. Incapable d’accepter qu’elle ait choisi l’amour plutôt qu’un mariage d’intérêt, il fait payer ce ressentiment à Laura pendant des années.
Après avoir profité de son travail pour faire tourner la maison familiale, il n’hésite pas à la chasser sans ménagement, à lui interdire d’assister aux funérailles de sa grand-mère et même à vouloir la marier contre son gré à un vieil homme fortuné.
Le plus révoltant reste sans doute la violence qu’il exerce sur elle. Les souvenirs de son enfance révèlent un homme capable de la terroriser, de la frapper et de lui lancer des objets. Une brutalité qui contraste avec l’image policée que l’on associe souvent à la noblesse anglaise.
L’oncle Pendleton incarne tout ce que Miss Pendleton dénonce : une noblesse qui ne juge les autres qu’à travers leur fortune et leur nom, oubliant que la véritable grandeur se mesure avant tout aux actes.
On peut hériter d’un titre… mais certainement pas de la noblesse de cœur.
Une romance qui prend le temps d’aimer ❤️
Miss Pendleton m’a rappelé pourquoi j’aime autant les grandes romances historiques. Celles qui prennent leur temps. Celles qui font confiance à leurs personnages. Et celles qui prouvent qu’un simple regard peut parfois être plus bouleversant qu’une déclaration d’amour.
Une première saison que je recommande sans hésiter à toutes les lectrices en quête d’une romance aussi raffinée qu’émouvante.
Chères lectrices,
La Lady
L’amour se mesure rarement aux mots… mais presque toujours aux actes.
Crédits
- Titre français : Miss Pendleton
- Titre original : 미스 펜들턴 / 미스 펜들턴
- Roman original : Yu Hye Min
- Dessinateur : Kkomak
Où lire en VF : WEBTOON
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Les illustrations appartiennent à Kkomak, Yu Hye Min, Naver et leurs ayants droit. L’analyse critique est signée Webtoon Lady.
