
Our Sunny Days : le BL qui transforme la douceur en refuge émotionnel
Parfois, on ne cherche pas une romance qui consume.
On cherche juste une histoire qui réchauffe doucement quelque chose en nous.
Our Sunny Days a été ce rayon de soleil-là.
Après plusieurs lectures chargées de violence émotionnelle, de manipulation, d’ego blessés et de relations qui fascinent autant qu’elles épuisent, ce webtoon est arrivé comme une respiration. Pas de grands jeux de pouvoir. Pas de héros glacials qui détruisent tout sur leur passage. Pas de passion pensée comme une guerre.
Ici, l’amour commence dans les gestes les plus simples :
- préparer un repas,
- aider à porter quelque chose,
- déblayer la neige,
- réchauffer des mains gelées,
- proposer d’aller ensemble rendre visite à une mère disparue.
Et c’est peut-être précisément pour cela que cette histoire touche autant.
Parce que Our Sunny Days ne raconte pas seulement une romance.
Il raconte des personnages blessés qui essaient malgré tout de construire quelque chose de doux.
⚠️ Public averti / 18+
Malgré son atmosphère extrêmement tendre et cocooning, Our Sunny Days contient plusieurs scènes explicites et s’adresse à un public adulte.
Quand le BL devient un refuge émotionnel
Une romance qui ne cherche pas à consumer
Ce qui surprend immédiatement dans Our Sunny Days, c’est la manière dont le webtoon fait presque oublier qu’on lit un Boys Love.
Pendant une grande partie de l’histoire, les sentiments entre Sung Ho et Kwon Haebeom ne naissent pas à travers :
- la tension sexuelle,
- le désir agressif,
- ou les rapports de domination classiques du BL.
Ils naissent dans :
- la présence,
- la constance,
- le quotidien,
- l’attention silencieuse.
L’attirance de Sung Ho pour Haebeom ne vient pas d’un fantasme spectaculaire.
Elle grandit parce que Haebeom est toujours là :
- pour aider,
- cuisiner,
- porter,
- réparer,
- protéger,
- prendre soin des autres sans rien attendre.
Même son caractère bourru finit par devenir attendrissant parce qu’il dissimule en permanence une immense douceur.
Le webtoon construit alors quelque chose de rare : une romance où l’amour ressemble davantage à un refuge qu’à une tempête.
Les lectrices qui avaient apprécié le slow burn tendre des premières saisons de Cherry Blossoms After Winter retrouveront d’ailleurs ici cette même sensation :
- une affection qui grandit dans le quotidien,
- une proximité qui se construit lentement,
- et des personnages qui apprennent d’abord à devenir un foyer avant de devenir un couple.
Kwon Haebeom : la bonté choisie malgré la douleur
Plus l’histoire avance, plus Kwon Haebeom devient un personnage profondément émouvant.
Parce que sa gentillesse n’est pas naïve.
Il connaît :
- l’abandon,
- la solitude,
- le rejet,
- le deuil,
- et la violence humaine.
Sa mère a aidé tout le village sans jamais rien attendre en retour.
Pourtant, elle a fini assassinée par des gens qu’elle avait elle-même aidés.
N’importe quel autre récit aurait probablement transformé Haebeom en homme amer et fermé.
Mais il choisit exactement l’inverse.
Il continue :
- d’aider les habitants,
- d’être présent,
- de nourrir les autres,
- de porter les difficultés du village sur ses épaules.
Comme sa mère avant lui.
Et c’est là que Our Sunny Days devient bouleversant :
Haebeom est un homme qui refuse de transmettre la douleur qu’il a lui-même reçue.
Il devient le foyer qu’il n’a jamais vraiment eu.
Par certains aspects, son tempérament rappelle aussi les male leads froids et silencieux de romances comme Just Twilight :
des hommes peu démonstratifs, parfois brusques, mais dont les actes parlent constamment à leur place.

Construire une famille quand on a grandi dans le manque
Le récit revient constamment à cette idée :
les personnages qui ont le plus souffert du manque d’amour deviennent parfois ceux qui essaient le plus fort de créer de la chaleur autour d’eux.
Sung Ho lui-même a été abandonné à la naissance.
Et pourtant, il devient immédiatement un père tendre et attentif pour Sol.
Le webtoon ne romantise pas seulement le trope du “daddy”.
Il le transforme en réparation émotionnelle.
Ces personnages ne prennent pas soin des autres parce qu’ils sont parfaits.
Ils prennent soin des autres parce qu’ils savent exactement ce que fait le vide affectif.
C’est ce qui rend toutes les scènes domestiques si importantes :
- les repas,
- la cuisine,
- la neige,
- les promenades,
- les soins du quotidien,
- les moments avec le bébé.
Le foyer devient ici la plus grande preuve d’amour.

La nuit, les étoiles et la lumière de Sung Ho
La scène la plus marquante de Our Sunny Days n’est peut-être finalement ni une confession, ni un baiser, ni même la célèbre scène de la neige.
C’est ce moment où Kwon Haebeom avoue qu’il comparerait sa vie au milieu de la nuit.
Une image extrêmement triste quand on pense à tout ce qu’il porte :
- le deuil,
- la solitude,
- l’abandon,
- le poids d’être toujours celui qui aide les autres,
- sans jamais réellement demander quoi que ce soit pour lui-même.
Et pourtant, Sung Ho ne cherche pas à nier cette obscurité.
Il ne lui répond pas que sa vie est belle ou lumineuse.
Il lui dit simplement :
“C’est aussi dans la nuit noire qu’on voit le mieux les étoiles.”
Et soudain, toute leur relation prend un autre sens.
Parce que Sung Ho ne “sauve” pas Haebeom.
Il entre dans cette nuit avec lui et y apporte doucement une lumière.
Ce qui rend cette dynamique encore plus belle, c’est que Sung Ho lui-même connaît déjà le sacrifice et la solitude.
Ancien militaire, il a abandonné sa carrière après qu’une mission a bouleversé sa vie et que la mère de son enfant le laisse seul avec ce bébé qu’il a choisi d’élever malgré tout.
Comme Haebeom, Sung Ho est donc quelqu’un qui :
- a été laissé seul,
- a dû avancer malgré le manque,
- et a choisi malgré tout de continuer à aimer.
Mais là où Haebeom ressemble à une nuit silencieuse et immense, Sung Ho devient peu à peu cette étoile capable d’y apparaître.
Et lorsque Sol finit par devenir leur soleil, la symbolique entière du webtoon se referme :
- Haebeom avait la nuit,
- Sung Ho devient l’étoile,
- et Sol apporte finalement l’aube et la chaleur du foyer.

Une romance qui préfère la nuance au drame
Le webtoon aborde également avec beaucoup de nuance la question de l’homosexualité dans une société plus conservatrice.
Mais heureusement, l’histoire évite le trope attendu :
“tout le village se retourne violemment contre eux.”
Les réactions restent souvent :
- nuancées,
- maladroites,
- traditionnelles parfois,
- mais profondément humaines.
Et cela permet au récit de rester centré sur son vrai sujet :
la construction du foyer.
La plus belle preuve arrive finalement à la fin :
comme le mariage homosexuel n’est pas reconnu légalement en Corée, Haebeom adopte Sung Ho pour qu’ils puissent officiellement devenir une famille.
Ce n’est pas seulement un geste administratif.
C’est Haebeom qui dit :
“Je refuse que le monde prétende que nous ne sommes rien l’un pour l’autre.”
Puis arrive cette dernière image :
Kwon Sol.
Et la boucle est bouclée.
✧ Note de la Lady:
Il y a également une autre symbolique très discrète mais magnifique autour de la maison de Sung Ho.
Au début du webtoon, cette maison est simplement présentée comme un logement un peu isolé à la campagne, rendu célèbre par une émission romantique autour de l’amour rural.
Mais la saison 3 donne soudain un tout autre sens à cet endroit.
C’est précisément en revoyant cette émission que le père de Kwon Haebeom retrouve finalement la mémoire et reconnaît la maison où vivait autrefois la femme qu’il aimait.
Et le détail devient encore plus beau quand on se rappelle le concept même de l’émission :
trouver l’amour à la campagne.
Parce qu’au fond, c’est exactement ce que tous les personnages vont finir par trouver dans cette maison :
- l’amour,
- le foyer,
- la famille,
- et une forme de paix émotionnelle.
La maison devient alors bien plus qu’un décor.
Elle devient :
- le lieu où les souvenirs reviennent,
- où les liens brisés se reconnectent,
- et où plusieurs générations finissent enfin par retrouver quelque chose qu’elles avaient perdu.
Une esthétique imparfaite… mais profondément chaleureuse
Visuellement, Our Sunny Days n’a pas toujours le trait le plus sophistiqué du genre. Mais le webtoon compense largement par une présence physique très crédible de ses personnages, notamment Kwon Haebeom et sa carrure impressionnante de travailleur rural.
Et honnêtement, cela se ressent parfois.
Le trait est moins raffiné que certains webtoons ultra esthétiques centrés sur :
- les regards séduisants,
- les silhouettes irréelles,
- ou le fantasme permanent.
Mais paradoxalement, cette simplicité participe aussi énormément au charme du récit.
Deux male leads masculins et protecteurs
Contrairement à certains BL très caricaturaux où :
- un personnage est très efféminé,
- et l’autre hyper masculinisé,
ici, Sung Ho et Kwon Haebeom possèdent tous les deux des physiques robustes et adultes, presque à la manière de Stranger Than Friends.
Même si Haebeom reste clairement le plus imposant :
- épaules larges,
- carrure massive,
- énergie protectrice.
- et ses yeux bleus hérités de son père américain.
Sa physicalité rappelle davantage celle d’un véritable homme de terrain que d’un mannequin inaccessible : un homme habitué au travail manuel, aux journées dehors et à prendre soin des autres de manière très concrète.
Cette masculinité plus réaliste renforce beaucoup la sensation :
- de stabilité,
- de maturité,
- et de quotidien crédible.
Le chaos esthétique nommé Sol

Et puis… il faut parler du véritable drame esthétique du webtoon :
ce bébé 😭
Parce que soyons honnêtes, Sol ne ressemble absolument pas au nourrisson délicat et ultra mignon qu’on retrouve souvent dans les romances familiales idéalisées.
Entre :
- ses énormes sourcils,
- ses expressions parfois presque agressives,
- et son énergie de petite créature chaotique,
le webtoon transforme régulièrement ce bébé en véritable catastrophe ambulante.
Et pourtant… ça fonctionne.
Parce que cette apparence un peu caricaturale renforce aussi la sensation de quotidien vivant du récit.
Sol n’est pas un “bébé accessoire” simplement là pour être adorable.
Elle :
- pleure,
- grimace,
- détruit la paix mentale des adultes,
- refuse d’avoir un prénom pendant des saisons entières,
- et semble parfois juger tout le monde avec une intensité terrifiante 😭
Mais c’est précisément cette imperfection qui finit par la rendre attachante.
✧ Note de la Lady
Impossible également de ne pas mentionner les petits chibis et mini illustrations de fin de chapitre.
Entre :
- l’otarie géante bougonne représentant Haebeom,
- les réactions absurdes des personnages,
- et les apparitions chaotiques de Sol,
ces bonus participent énormément à l’identité chaleureuse du webtoon.
Ils donnent presque l’impression de continuer à vivre avec les personnages quelques secondes de plus après chaque chapitre.
Et honnêtement ?
Rarement une énorme otarie noire grognonne aura été aussi romantique.

L’otarie noire : la véritable signature émotionnelle du webtoon
Impossible de parler de Our Sunny Days sans évoquer la fameuse forme d’otarie/sea lion de Kwon Haebeom.
Au début, cela ressemble simplement à un running gag adorable :
une énorme otarie noire bougonne représentant son caractère.
Mais la saison 3 révèle finalement que cette symbolique est profondément liée à ses origines.
Son père vient du sud de la Californie, près des plages remplies de sea lions.
Lorsqu’il les dessine à la mère de Haebeom, elle les trouve :
Incroyables et adorables.
Comme Haebeom lui-même.
Et soudain, tout prend sens :
- l’otarie n’est plus seulement un gag,
- elle devient liée à l’histoire d’amour de ses parents,
- à ses origines,
- et à sa personnalité à la fois imposante et profondément attendrissante.
Le Verdict de la Lady : ces hommes qui transforment la solitude en foyer
Kwon Haebeom : l’otarie au grand cœur

Soyons honnêtes :
Haebeom n’est peut-être pas le BL boy ultra glamour classique.
Lui, il séduit par autre chose :
- la constance,
- la douceur cachée derrière les grognements,
- et cette impression rare d’être immédiatement en sécurité auprès de quelqu’un.
Il cuisine.
Il aide tout le monde.
Il prend soin sans le dire.
Il est bourru, maladroit, cheesy même parfois :
“Tu seras le voleur… parce que tu as déjà volé mon cœur.”
Et derrière cette énorme otarie grognonne se cache finalement un homme profondément seul qui découvre peu à peu qu’il mérite lui aussi :
- d’être aimé,
- d’être choisi,
- et d’avoir enfin une famille.
✧ La Confession de la Lady:
Même si Our Sunny Days ne possède pas toujours le trait le plus sophistiqué du genre, l’autrice maîtrise parfaitement un détail très important :
la musculature de Kwon Haebeom.Entre :
- les épaules massives,
- les bras détaillés,
- les mains immenses,
- les veines apparentes,
- et cette carrure de travailleur rural constamment mise en valeur,
certaines scènes rappellent très efficacement qu’un “daddy cocooning” peut aussi faire dangereusement monter la température chez la Lady.
Sung Ho : le militaire super daddy

Sung Ho serait facile à réduire au rôle :
- du personnage solaire,
- du papa attendrissant,
- ou du partenaire maladroit.
Mais ce serait oublier tout ce qu’il apporte réellement au récit.
Parce que Sung Ho est probablement le premier personnage à regarder Haebeom autrement que comme :
- un pilier,
- un homme fort,
- ou quelqu’un qui doit toujours porter les autres.
Il voit sa solitude.
Et surtout, il refuse qu’Haebeom continue à se sacrifier seul.
C’est lui qui :
- pousse Haebeom à parler à son père,
- l’encourage à comprendre pourquoi il a disparu,
- et refuse qu’il reproduise le même schéma de souffrance silencieuse.
Quand Haebeom propose de rompre pour lui éviter :
- le regard des autres,
- les difficultés liées à leur relation,
- ou la souffrance sociale,
Sung Ho comprend immédiatement ce mécanisme.
Parce qu’il ressemble exactement à celui du père de Haebeom :
un homme qui est parti en croyant protéger la personne qu’il aimait.
Et Sung Ho refuse catégoriquement cette logique.
Il lui rappelle que :
c’est son choix à lui aussi.
Qu’il ne veut pas qu’Haebeom décide seul de souffrir “pour son bonheur”.
Même lorsqu’il se met en colère, Sung Ho ne fuit pas.
Il choisit.
Et c’est probablement pour cela que leur relation fonctionne aussi bien :
Haebeom construit le foyer…
mais Sung Ho lui apprend peu à peu qu’il a le droit d’en faire partie lui aussi.
Sung Ho apporte la lumière du webtoon.
Haebeom apporte la stabilité.
Et ensemble, avec Sol comme soleil, ils finissent par construire exactement ce qu’ils avaient tous les deux cherché toute leur vie :
un endroit où ils peuvent enfin arrêter d’être seuls.
Conclusion
Our Sunny Days ne cherche jamais à impressionner par le drame ou la violence émotionnelle.
Le webtoon préfère raconter autre chose :
- des gens fatigués,
- des blessures silencieuses,
- et des personnages qui essaient malgré tout de créer un endroit chaleureux où quelqu’un pourra enfin se reposer.
Et c’est probablement pour cela qu’il laisse une sensation aussi étrange à la fin :
celle de quitter une maison dans laquelle on se sentait bien.

Chères lectrices,
La Lady
Après tant de romances qui consument, Our Sunny Days rappelle parfois que le plus grand acte d’amour peut simplement être de réchauffer les mains de quelqu’un dans le froid.
Crédits:
Titre : Our Sunny Days
Titre original : Our Sunny Days
Auteur : Jeong Seokchan
Où lire en VF : Alors que j’écris ces lignes, une autre bonne nouvelle est venue confirmer l’attachement que suscite cette série : Our Sunny Days rejoindra prochainement le catalogue KBL en version papier française.
Version anglaise officielle : Lezhin US✧ Husbandos, ladies, chroniques et notes… Collectionnez les cartes de La Lady sur Pinterest.
Les illustrations appartiennent à Jeong Seokchan et Lezhin Comics. L’analyse critique est signée Webtoon Lady.
